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Le crépuscule des certitudes

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Terre chaleureuse et hospitalière, jadis paisible et verdoyante, la Kabylie n’en finit pas de gémir. Après avoir souffert du colonialisme et payé, à l’instar d’autres régions courageuses du pays, un lourd tribu pour libérer l’Algérie, elle continue, rebelle, vidée de ses forces vives, livrée à elle-même, plombée par la violence, de subir de plein fouet le prix de l’incurie générale et de la désinvolture. Ainsi l’incendie ravageur que vient de subir le Parc National de Tikjda apparait subitement comme le coup de grâce porté à une région dont la situation n’est hélas pas unique. D’autres régions du pays connaissent le même sort sinon pire. D’Est en Ouest, du Nord au Sud, la mal vie et la pauvreté s’installent et l’espoir s’amenuise. Qui des tailleurs de pierres de T’Kout, dans le pays des Aurès et qui continuent de mourir de maladies d’un autre âge, où des habitants du Sud qui ne veulent plus attendre car les torches pétrolières n’éclairent plus leur horizon pourra encore dire l’espérance.   Les Ouleds Sidi Cheikh voient leurs Ksour’s s’effondrer et ne restent plus que la poussière et le vent du sud. Mais le danger n’est même plus dans la haine de soi qui reste somme toute une humeur qui peut-être passagère. Il est dans ce sentiment d’appartenance à un peuple et à une nation qui s’effrite et qui en s’estompant ouvre une brèche à la décrépitude et pire au démembrement. Souvenons-nous de la grande Yougoslavie dont la puissance et la force de feu étaient redoutées en Europe. A force de désinvolture, d’injustice et de fuite en avant, elle fut dévorée par l’émiettement et même le Monténégro décida de la snober et de faire bande à part. Notre pays est un immense territoire, parfois encore sous-administré, qui subit tant les turbulences internes, souvent engendrées par la bêtise de la cooptation, l’incompétence et l’appétit des prédateurs, que les incertitudes et convoitises externes. 
 Et la célébration du 50éme anniversaire de notre indépendance doit aussi constituer une opportunité pour nous ressaisir et apprécier à leur juste valeur les erreurs qui ont été les nôtres. Et elles sont nombreuses et nous continuons à ce jour d’en payer le prix. Il nous faut certes continuer d’exiger réparation des sévices subis durant la période coloniale mais aussi assumer la part de responsabilité qui est la nôtre. 



En 2092, quand nous aurons 132 ans d’indépendance, sans pétrole, avec peut-être cent millions de bouches à nourrir, plus où pas assez de terres à cultiver, pas assez d’eau,  que la fin de la récréation aura sonné et que nous aurions vécu 132 années d’indépendance et 132 années de colonialisme, quel bilan devrions-nous faire ? Notre égoïsme et notre aveuglement ne doivent  plus nous voiler la face. De nombreuses incertitudes nous guettent et assombrissent l’horizon. De nombreuses questions demeurent encore sans réponse. 
 Nous devons dés maintenant y réfléchir et nous résoudre à les prendre en charge et à construire des réponses. Partout dans le monde, l’intelligence est au service de la prospective et des modèles prédictifs de développement sont conçus. Les projections et les perspectives se font désormais sur cinquante ans voire un siècle. L’arrogance ne nous sied plus. Et la prédation ne nous sauvera pas des dangers qui nous guettent. Nous devons à tout prix éviter de devenir un jour un pays seul, sans richesse, sans jeunesse et sans alternative. Nous deviendrons alors une proie facile et les hyènes rodent déjà aux alentours. Que Dieu nous préserve de ces sombres perspectives.

Article également publié par La Nouvelle République du 15/08/2012.

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